La phobie sociale se caractérise essentiellement par la peur du regard et
du jugement d’autrui. Quatre niveaux cliniques sont fréquemment retrouvés :
les cognitions : les pensées négatives sont très fréquentes et ont trait à
la peur du jugement négatif d’autrui en situation de performances (échec,
honte, incapacité). On retrouve souvent une hypersensibilité à la critique
et une faible estime de soi.
l’anxiété anticipatoire : elle survient dans les situations où est
impliqué le regard de l’autre. Les phobiques sociaux anticipent et craignent
le jugement négatif d’autrui. Ils ont peur que les autres les jugent
anxieux, faibles ou bêtes. C’est pourquoi ils redoutent les situations où
ils sont la proie du regard d’autrui (parler, manger, boire, écrire ... en
public). Ils présentent des symptômes neurovégétatifs d’anxiété pouvant
aller jusqu’à l’attaque de panique déclenchés par une ou plusieurs
situations sociales. Le rougissement excessif, les mains qui tremblent et la
sudation font partie des symptômes les plus souvent rencontrés. Ces
symptômes peuvent survenir bien avant la situation réelle, la simple
imagination peut en effet déclencher une angoisse massive. Il s’agit en
quelque sorte d’un échec anticipé qui interfère avec la situation réelle,
déclenchant la spirale «échec prévu, anxiété anticipatoire, échec perçu,
anxiété anticipatoire renforcée, échec perçu plus grave… ».
L’angoisse situationnelle : elle est déclenchée par la situation
redoutée et s’accompagne de signes végétatifs divers (mains froides et
humides, tremblements, voix mal assurée, tachycardie, vertiges). Ces
symptômes peuvent aller jusqu’à la dépersonnalisation et la déréalisation.
L’évitement : c’est la conséquence directe de l’anxiété anticipatoire
qui conduit à abréger voire à éviter totalement la situation problème.
Parfois, ils arrivent à subir la situation tant redoutée au prix d’une
anxiété très importante. Cet aspect entraîne des perturbations majeures au
niveau du fonctionnement social et sa vie relationnelle.